Premier Contact

Premier Contact
Bonjour.

(p*** ça c'est du contact! on est sur la bonne voie coco, continue!)

Je ne sais pas comment commencer. J'aimerais bien présenter ce blog, dire de quoi il va parler, me montrer sous mon plus beau jour en faisant semblant de ne pas vouloir me montrer sous mon plus beau jour, faire un long discours chiant sur les raisons de l'existence de ce blog, que je saurais sûrement rendre plus palpitant que ma propre vie, et le tout de manière élégante et rigolote s'il vous plaît! Mais le fait est que je ne sais pas. Je ne sais pas mentir, je ne sais pas me vendre, et je ne sais pas non plus ce que sera ce blog.

D'ailleurs je ne sais pas pourquoi je recrée un blog. J'en avait un avant. Pendant un an tout entier j'ai maltraité mon clavier, et je n'ai pu m'arrêter qu'après 50 pages de conneries merdiques qui ont plus ou moins servi d'engrais à une ou deux idées dont je reste quand même fier (ba hé ho! faut quand même se faire un peu plaisir dans la vie!). Et je ne saurais pas non plus dire pourquoi je l'ai arrêté. Plus aucune débilité absconse à raconter sans doute.

Ca expliquerait pourquoi je récidive maintenant. J'ai à nouveau des choses à dire. J'ai même une tonne de choses à dire. Et aucune envie de m'arrêter. Je compte bien prendre mon temps et, texte après texte, vidéo après vidéo, en un mot une brique après l'autre, construire quelque chose qui me ressemble.

Et pourquoi construire tout ça? Par égocentrisme? Par orgueuil? Peut-être par envie? Par pulsion? Ca pourrait même être par amour si ça se trouve?

Mais en fait non.

Bienvenue de mon côté du Mur. On essuie ses chaussures en entrant s'il vous plaît!

# Posté le lundi 23 février 2009 16:50

Modifié le samedi 23 mai 2009 13:05

Pink Floyd-Good Bye Blue Sky

Pink Floyd, c'est une musique, des chansons, et surtout un homme: Roger Waters et l'album qui me les a fait découvrir: The Wall.

Another-brick est fan de The Wall... On aura tout vu!

Complétement fou mais tout à fait clairvoyant. J'adooore :-D

# Posté le jeudi 26 février 2009 15:59

Modifié le samedi 28 février 2009 04:45

Fin

Fin
(Pour ceux qui se souviennent de la fin de Beber90...)

J'avais perdu la notion du temps.

J'ignorais depuis combien de temps notre navire céleste était parti. Cela pouvait faire cent ans, ou bien juste une demi-heure. Peut-être qu'on n'était jamais parti. Cela n'avait aucune importance pour moi.

Je m'étais perdu dans ses yeux.

Peu m'importait que les étoiles tourbillonnent ou que les zéphirs fassent tanguer notre esquif qui continuait sa course immuable tandis que la mer, loin, très loin en dessous, se montrait par intermittence entre les nuages. La seule chose importante était son visage, dont j'essayais de graver chaque détail dans ma mémoire.

Quelque chose clochait. Je faisais tout pour ne pas le voir, j'essayais de me raccrocher à ce visage souriant, mais il y avait quand même quelque choise qui clochait. Et bientôt son sourire disparut.

-Nous sommes arrivés maintenant.

Ses premiers mots me frappèrent comme un coup de masse en pleine poitrine.

-Mais on vient juste de...
-Désolée, c'est ici qu'on se quitte, pour l'instant.
-Ici... Mais c'est où "ici"?
-A toi de le découvrir.
-Mais qu'est-ce que je vais devenir sans toi?
-A toi de le décider.
-Est-ce que... est-ce que je te reverrai un jour?

Elle posa sa main sur mon coeur.

-Je serai toujours avec toi. Ici. Et nous finirons cette discussion, lorsque la fin de ton voyage sera venue.
-La fin de mon voyage?
-Toutes les histoires ont une fin, tous les voyages ont leur destination.
-Quelle est ma destination?
-Tu le sauras une fois arrivé. Mais ce n'est pas l'important. L'important, c'est le chemin que tu choisis pour y arriver. Tu sais, il y a une multitude de chemins pour arriver au même endroit. Certains sont plus faciles, certains sont plus beaux, certains sont pavés d'or et d'autres sont envahis de ronces. Personne ne peut connaître toutes les fins possibles. Essaie simplement de garder ce qu'il y a de plus important.
-Ce qu'il y a de plus important?
-Ne perds pas ton âme dans ta course, et ne te bats que pour la protéger. C'est le seul conseil que je te donne: n'oublie pas qui tu es. Libre à toi de le suivre ou pas.
-Mais...
-Il est temps, il faut de dépêcher ou tu vas être en retard. Adieu.

J'étais sur le point de répondre quelque chose. Je voulais lui dire à quel point elle comptait pour moi avant de la quitter. Je voulais qu'elle sache. Mais le ciel s'assombrit soudain et le navire tomba soudainement dans un trou d'air, ce qui me coupa la respiration. Je me suis alors instinctivement raccroché au bastingage, tandis que le bateau accélérait sa chute.

Les nuages, qui étaient peu auparavant loin en dessous, m'environnèrent soudain de toutes parts, à gauche, à droite, devant, et même au-dessus de moi. Le bateau paraissait doué de vie, comme un oiseau blessé il semblait pris de soubresauts et tentait de redresser sa trajectoire tandis que l'air tout autour était parcouru d'éclairs.

Puis soudain un craquement sinistre se fit entendre. Le mât unique du bateau de détacha dans un gémissement de douleur, et l'embarcation partit en vrille.

M'accrochant désespérément au navire qui plongeait à toute vitesse vers le bas, je levai les yeux pour tenter de trouver l'éclat rassurant de ceux de ma compagne. Mais elle avait disparu. Convaincu que ma fin était proche, je voyais ma vie défiler et soudain surgit ma dernière pensée.

-Je suis né nu et seul. Et maintenant je meurs nu et seul. La boucle est bouclée.

Me penchant sur le côté, je pus voir la mer se rapprocher rapidement alors que le navire perçait la couverture nuageuse dans sa chute toujours plus rapide. Puis je fermai les yeux. Je sentis un choc immense me catapulter du bateau et j'entendis un craquement immonde.

Puis plus rien. Enfin la paix.

(à suivre...)

# Posté le jeudi 26 février 2009 17:20

Modifié le mercredi 29 avril 2009 09:12

The Offspring-You're gonna go far kid

Tu iras loin petit!

J'adore tout de cette chanson: les paroles, la musique, et la vidéo.

Enfin bon, mon avis on s'en fout un peu me direz-vous. :-P

"With a thousand lies
And a good disguise
Hit them right between the eyes,
Hit them right between the eyes

When you walk away,
Nothing more to say
See the lightning in your eyes,
See them running for their lives"

# Posté le jeudi 26 février 2009 17:38

Modifié le mardi 25 août 2009 05:07

Obscurité

(suite du texte précédent où il était d'ailleurs écrit "à suivre" comme quoi...)
("Fin", et ensuite "Obscurité", je le précise)

Au bout de la chute, l'eau, et tout au fond de l'eau, la chute continuait. A demi-inconscient, je continuais à couler comme une pierre dans cette eau qui se refroidissait et s'assombrissait de seconde en seconde. La seule source de lumière provenait d'en-haut, du vague halo qui pâlissait tandis que toujours plus d'eau me séparait de la surface, quelquefois ombragé par un banc de poissons qui semblait aussi lointain qu'un vol d'oies sauvages à l'automne.

"L'océan est le ciel des poissons..."

Mais les poissons, tout comme ce soleil si lointain, finirent bientôt par disparaître. Cela faisait longtemps que j'avais cessé d'essayer de retenir ma respiration. Je laissais l'eau salée et amère pénétrer dans mes poumons qui de toute façon ne réagissaient plus, tout comme le reste de mon corps devenu inerte. A présent, je voulais seulement attendre d'avoir touché le fond avant de fermer les yeux.

Mais le fond ne venait pas, et dans l'obscurité, je continuais à m'enfoncer. Je ne ressentait plus le froid glacial de l'eau autour de moi, et je ne sentais même plus le goût nauséeux de l'eau de mer. Mais malgré l'obscurité je persistais à garder les yeux grands ouverts, comme je l'avais toujours fait. Il y a des habitudes comme ça qui ne se perdent pas.

Mais l'obscurité est un lieu assez peu divertissant. En fait j'aurais même dit que l'environnement était un peu inquiètant. A travers l'eau boueuse, des bêtes bizarres et faiblement lumineuses éclairaient quelques centimètres-cubes d'eau sur leur passage, révélant d'étranges algues en suspension dans toute cette eau qui continuait de m'engloutir.

Peti à petit, une angoisse sourde commença à m'étreindre, et même sans air, mon cerveau engourdi se remit soudain à fonctionner à toute allure.

Sans pouvoir bouger, je voyais les épines et les excroissances des animaux sous-marins frôler les joues ou mes jambes, et les objets qu'ils dévoilaient se mettaient à ressembler à des morceaux de viande décomposée. Bien malgré moi je me suis mis à imaginer toutes les horreurs qui pouvaient se tapir dans cet univers obscur où aucune lumière n'avait jamais percé. Je voyais mes pires cauchemars se matérialiser autour de moi. Finalement j'ai fini par fermer les yeux, comme si mes paupières avaient constitué des barrières suffisantes contre la peur panique qui s'insinuait en moi.

En fermant les yeux, je suis revenu des années, des dizaines d'années en arrière.

Moi, quatre ans, au chaud dans mon lit. La pluie tombe à l'extérieur et un tonnerre lointain fait régulièrement entendre son roulement sourd. Papa et Maman ont laissé la lumière allumée dans le couloir, lumière largement suffisante pour me rassurer et tenir à distance la menace de l'orage. Tout à coup, à des kilomètres de là, au coeur de la tempête, le vent projette violemment à terre des lignes éléctriques à haute tension.

La lumière s'est éteinte. Soudain, le son remplace la lumière. Le tonnerre devient grognement de bête sauvage et les gouttes de pluie cognant contre les volets des griffes acérées tentant d'ouvrir la fenêtre. Déjà les draps se resserrent autour de moi et tentent de m'étouffer. J'ai beau me débattre, l'étreinte se resserre toujours plus. Je referme les yeux.

Moi, huit ans, la même chambre. Je garde les yeux fixés sur la veilleuse, sur ma table de chevet. La lueur chaude, douce, souriante, gardait à distance les ténèbres dans lesquelles les objets familiers prenaient des airs de membres entrecroisés, de griffes avides, de crocs acérés. Mais tout à coup la porte s'ouvre à la volée, laissant apparaître mon père, grognant, racontant qu'un grand garçon ne dort plus avec une veilleuse, que ce sont les bébés qui ont peur du noir, et qui débranche et emporte la lampe posée sur la table de chevet avant de refermer la porte, me plongeant dans l'obscurité. Alors que je sens déjà le monstre caché sous le lit remuer ses articulations engourdies et que des grattements sinistres se font entendre contre la porte du placard, je commence à pleurer des larmes d'angoisse, recroquevillé dans le noir.

Moi, douze ans, la même chambre mais un lit plus grand. Je dors, mais pas du sommeil des innocents. Plutôt un sommeil du genre agité. Je suis perdu au milieu d'un cauchemar, poursuivi par des bêtes sauvages au milieu d'une forêt obscure. Je me réveille dans un cri. Mais me crois toujours dans mon rêve. Tout à l'heure en train de courir, je m'imagine maintenant avoir trébuché et m'être étalé sur le sol mousseux de la forêt. Malgré les formes rassurantes de quelques objets familiers apparaissant à la lueur de la Lune, je retiens ma respiration, attendant que déboule dans la chambre le loup gigantesque dont j'étais la proie. Trempé de sueur, je referme les yeux.

Lorsque je les ouvre à nouveau, je suis à nouveau dans l'océan. Mais ce n'est pas le même que tout à l'heure. Ici plus de poissons fluorescents ni de méduses lumineuses. Ici, c'est l'obscurité totale. Je comprends soudain que cette obscrité n'a jamais rien eu d'inquiétant. En fait, l'obscurité n'est que l'abscence d'information visuelle. Abscence que notre esprit refuse. Nous fondons notre perception de notre environnement à environ 80% sur la vue. Et quand cet environnement refuse de se laisser percevoir, l'esprit imagine, extravague. Un danger inconnu, voire même potentiel, est toujours bien plus angoissant qu'un danger immédiat, et de là où je suis je peux vous dire que les réalisateurs de film d'horreurs, ainsi que les médias, l'ont très bien compris.

Car finalement, ce qui nous angoisse le plus n'est pas extérieur à nous-même, mais à l'intérieur. Un Mur sert à empêcher d'entrer, mais aussi à empêcher de sortir, à entraver une peur aussi ancienne que nous-mêmes. Le Labyrinthe pour enfermer le Minotaure.

Mais alors que je pensais tout cela, ma descente continuait. L'obscurité se fit moins épaisse. Une sorte de lueur violette, puis d'un rouge sombre se répandit autour de moi. L'eau se réchauffa, jusqu'à devenir confortablement tiède. Finalement, je sentis quelque chose du bout des doigts tandis que l'eau s'éclaircissait de plus en plus autour de moi.

Une paroi, une paroi qui se refermait sur moi! La tâtant de mes mains et de mes pieds engourdis, j'ai immédiatement tenté de me sortir de ce piège, sans succès. Cette espèce de membrane se refermait sur moi, me comprimait, tant que bientôt j'eus l'impression d'être écrasé sous la pression. Après cette pression il y eut des secousses. Quelque chose continuait à me presser, à me compresser et à me secouer au point que je crus exploser.

Soudain, la lumière.Une lumière cruelle, glacée. J'essaie de me retourner, d'éviter cette lumière et ce froid qui commence à s'insinuer en moi, de garder un peu de chaleur près de moi. Mais la membrane continue à se resserrer, à me pousser dehors, vers l'air libre, glacial, bruyant, malodorant, aggressif. La tête la première, je me retrouve éjecté comme on crache un noyau de cerise. Une voix tonitruante retentit, tonnant des mots que je ne comprends pas tant ma solitude a été longue. Mais un observateur extérieur aurait pu distinguer:

"Ca y est, je vois la tête!"

(à suivre)
Obscurité

# Posté le samedi 07 mars 2009 06:41

Modifié le mercredi 03 juin 2009 16:59